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M le magazine du Monde

Des coopératives au pays des châteaux bordelais

Rémi Barroux dans M le magazine du Monde du 13.09.2016

Dans le Médoc ou près de Saint-Emilion, sur les terres des vins les plus prestigieux, des coopératives se sont imposées en mettant le collectif au service de la qualité.

Moulis-en-Médoc, Saint-Estèphe, Margaux, Pauillac… Pour atteindre le petit bourg de Gaillan-en-Médoc, le visiteur venu de Bordeaux traverse un chapelet de villages aux noms prestigieux, autant d’appellations comptant dans leurs rangs des stars mondiales. Difficile, dans cet environnement de grands châteaux, d’imaginer qu’une coopérative puisse tirer son épingle du jeu. Uni-Médoc a pourtant réussi à s’imposer. Fondée en 1966, cette structure, qui regroupe 180 exploitants sur quelque 1 000 hectares, est le premier producteur de l’appellation médoc : 4 millions de bouteilles sortent d’ici.

Plus d’une bouteille sur cinq produite sur cette « terre du milieu, entre océan et estuaire », comme le proclame la cave, est issue des cuves d’Uni-Médoc. Son chai, le plus important du Médoc, est à la (dé) mesure de ces chiffres. Construite il y a une quinzaine d’années, la salle, avec ses dimensions de cathédrale (2 200 m2), accueille 3 600 barriques – pour une capacité totale de 5 000. Le visiteur, saisi par les odeurs mêlées de vin en vieillissement et de chêne, y est accueilli par un son et lumière qui met en valeur l’harmonie des courbes des fûts et la profondeur de leur alignement sans fin.

« Nous ne rougissons pas de nos vins, que ce soit les vins de marque issus de parcelles sélectionnées, de nos châteaux ou encore de nos six crus bourgeois. » Xavier Deval, directeur d’Uni-Médoc

Ce 18 juillet, dans la grande salle de réception, deux dames installent plusieurs dizaines de tables pour le tournoi de bridge qui doit s’y dérouler prochainement. La partie de cartes qui se prépare illustre les valeurs du lieu : « Etre au service du collectif et ouvert sur l’extérieur », énonce Xavier Deval, directeur depuis 2002. « Mais notre objectif est bien d’abord de vendre du vin, même si nous prêtons notre espace pour d’autres initiatives, culturelles, gastronomiques, festives… », précise-t-il.

La boutique propose plus d’une centaine de références, 54 châteaux et quatre propriétés (85 hectares au total), gérées directement par les services techniques de la cave. Union de quatre coopératives, créées pour la plupart à la fin des années 1920, Uni-Médoc assume son identité et fait tout pour la mettre en valeur. « Nous ne rougissons pas de nos vins, que ce soit les vins de marque issus de parcelles sélectionnées, de nos châteaux ou encore de nos six crus bourgeois », avance Xavier Deval. La structure vante aussi ses démarches environnementales (maîtrise du rendement, contrôle des pulvérisations, vignes enherbées…), ses certifications « Agri Confiance » ou encore ses trois vins biologiques.

Uni-Médoc
Si vous buvez un vin du Médoc, sachez que vous avez une chance sur cinq qu’il provienne de cette cave. Uni-Médoc produit en effet 20% des vins de l’appellation.
Cent quatre-vingts viticulteurs participent à l’élaboration de cuvées aux looks très différents pour une gamme variée qui va des vins de marques, nés de l’assemblage de différentes parcelles, aux vins de château issus d’un vigneron.
Si les étiquettes ne permettent pas de l’identifier au premier coup d’oeil, la coopérative créée en 1966 veut montrer son unité en proposant des visites soignées jusque dans le chai contenant quelque 3600 barriques. tél. : 05-56-41-03-12.

Médoc, « le Grand art » 2012 : Cette bouteille fait le pari de la jeunesse : étiquette ornée d’une peinture figurant une bacchante, fruité mûr avec des notes grillées, beaucoup de rondeur en bouche qui termine en puissance. 8,20 €.

Médoc, « Esprit d’Estuaire » 2012 : L’une des bouteilles stars de la cave, un vin au fruit et au bois bien présents au nez, mais avec une certaine modernité. Tout semble en équilibre, fraîcheur et tanins, finale en finesse. 13,50 €.

Médoc, « Clément saint-Jean », Réserve 2012 : Ce pur cabernet-sauvignon est d’un classicisme certain, tout à fait dans l’idée de « ce que doit être un médoc ». Sage et impeccable, ses notes de mûre, ses tanins soyeux et sa structure équilibrée peuvent remplacer la cravate dans un repas d’affaires. 21 €.

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